À méditer par nos élus

Linux et OpenOffice ont fait économiser 11 millions d’euros à Munich


8)

Rappel (merci Google et Wikipédia) : « Münich : 1 353 186 habitants, troisième ville d’Allemagne par la population après Berlin et Hambourg. Son aire urbaine compte 2 351 706 habitants.
Important pôle économique, siège de grandes sociétés dont Siemens, Allianz, BMW, Münchener Rückversicherung, Linde, EADS Deutschland et HypoVereinsbank. »

« Les coûts non liés au système d’exploitation, comme la formation, sont chiffrés à l’identique, pour environ 22 millions dans chacun des trois scénarios. Au total, rapporte The H, les responsables du projet estiment que Windows plus Microsoft Office auraient coûté plus de 34 millions d’euros, et Windows plus OpenOffice environ 30 millions, alors que LiMux a coûté moins de 23 millions. »
Il s’agit bien d’une économie, non d’une suppression de tous les coûts !

« À l’époque où l’étude comparative des coûts a été préparée, 11.000 ordinateurs avaient migré sous LiMux. Ils sont maintenant 12.600 et vers la fin de l’année la ville prévoit d’avoir fait migrer 13.000 de ses 15.500 ordinateurs. »
Il persiste inévitablement quelques nécessités vers des logiciels sous Windows.

http://www.zdnet.fr/actualites/la-ville-de-fribourg-veut-rebasculer-d-openoffice-vers-microsoft-office-39784726.htm
« Le parcours chaotique du projet Open Source, repris à Sun par Oracle avant d’être légué à la Fondation Apache, n’a pas non plus contribué à penser sereinement l’avenir de la suite bureautique au sein du parc informatique de la ville de Fribourg.

Mais le projet de la municipalité [retour à Windows] n’échappe pas aux contestations, notamment de la part du Parti Pirate [de Fribourg]. Il est ainsi rappelé que Fribourg utilise une version obsolète d’OpenOffice (3.2.1). Par ailleurs les problèmes de compatibilité tiennent en grande partie au fait que les utilisateurs exploitent conjointement Office 2000 et OpenOffice.

Le Parti Pirate insiste en outre sur le poids financier d’une migration vers Office 2010 qui, en plus d’un coût de licences de 600.000 euros, imposera des frais conséquents de formation des utilisateurs. »

Merci pour ce signalement, qui m’a fait faire quelques recherches.

Quel est le coût d’achat et d’utilisation des logiciels propriétaires dans les administrations publiques ? C’est en substance la question posée à Bercy par deux députés.
http://www.pcinpact.com/news/75672-quel-est-cout-licences-proprietaires-pour-finances-publiques.htm

[url=http://www.pcinpact.com/news/74035-jean-marc-ayrault-signe-circulaire-pour-libre-dans-administrations.htm]Le 19 septembre 2012[/url], le Premier ministre publiait au Journal officiel une circulaire portant sur les «[i] Orientations pour l'usage des logiciels libres dans l'administration[/i] ». Le document présente le libre comme un « [i]choix raisonné[/i] » pour les administrations. Choix stratégique, choix économique, choix pérenne : «[i] certains produits d’éditeur ont de moins en moins d’alternatives commerciales crédibles, le leader du marché ayant éliminé la concurrence. Le logiciel libre apporte alors des possibilités alternatives[/i] », annonce la circulaire Ayrault. Surtout, plusieurs fois, elle évoque la question des économies réalisées avec le libre. Si elle alerte sur la tentation de multiplier les ajouts de code spécifique au risque de perdre le lien avec la souche communautaire, cette circulaire liste aussi de nombreux avantages du secteur. Par exemple, «[i] le logiciel libre n’est pas gratuit, mais souvent moins cher, et surtout son coût est modulable en fonction de la criticité des systèmes[/i] ». De même, « [i]le logiciel libre est piloté par les besoins, minimisant les évolutions superflues[/i]. »

Deux parlementaires, les députés Gwenegan Bui et Richard Ferrand, viennent justement de rebondir sur le sujet pour interroger Bercy sur le recours aux logiciels propriétaires. Ils constatent que « la plupart des administrations utilisent des logiciels non libres ». Ils demandent ainsi au ministre du Budget de fournir « le coût global approximatif de l’achat et de l’utilisation de logiciels non libres dans l’ensemble des administrations publiques sur une période donnée de cinq ans ».

Une question très courte mais aux retombées potentielles lourdes. Si elle est possible, la réponse chiffrée permettra de jauger à la fois des données de la circulaire Ayrault, mais aussi de la part des licences propriétaires dans le budget public. Soit un excellent moyen pour établir une comparaison et orchestrer les choix futurs.

Marc Rees
Journaliste, rédacteur en chef