Chrome OS : Google annonce un système d'exploitation !

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Publiée par Alexandre Laurent le Mercredi 8 Juillet 2009

Lorsque le Web part à la rencontre du logiciel... Après le lancement d'une suite bureautique en ligne, puis d'un navigateur Web, Google poursuit ses incursions dans le domaine du logiciel avec l'annonce, dans la nuit de mardi à mercredi, d'un système d'exploitation conçu par ses soins : Google Chrome OS. Destiné dans un premier temps aux netbooks mais compatible avec tout ordinateur personnel, ce système d'exploitation open source se veut particulièrement léger, centré autour du navigateur Web et des services en ligne. Le code source sera publié d'ici la fin de l'année, pour une mise à disposition générale dans le courant du second semestre 2010.

Une annonce surprenante ? Peut-être pas. Depuis 2006, la rumeur prête à Google l’intention de concevoir un système d’exploitation minimaliste, entièrement tourné vers le Web et les services en ligne : Gmail pour la messagerie, Google Talk pour les communications, Google Docs pour la bureautique et le travail collaboratif, etc. Seule manquait à Google la pierre angulaire permettant de porter ces applicatifs hébergés sur le poste client, une case aujourd’hui comblée par le navigateur Web maison, Chrome.

Si le futur OS de Google tire son nom de ce navigateur, c’est qu’il occupera une place centrale au coeur du système, composé d’un simple noyau Linux auquel la firme de Mountain View greffera une interface utilisateur fenêtrée, et minimaliste. « Rapidité, simplicité et sécurité sont les aspects clé de Google Chrome OS », promettent Sundar Pichai, vice président produit et Linus Upson, responsable de l’ingénierie, sur le blog officiel de Google. « Comme nous l’avons fait avec notre navigateur Google Chrome, nous revenons aux fondamentaux et repensons complètement l’architecture qui sous-tend l’ensemble du système, de façon à ce que les utilisateurs n’aient pas à se préoccuper des virus, des malwares ou de mises à jour de sécurité. Ca doit simplement fonctionner ».

« Pour les développeurs d’applications, le Web sera la plateforme. Toutes les applications en ligne fonctionneront automatiquement, et de nouvelles pourront être écrites à l’aide de vos technologies Web favorites », ajoutent les représentants de Google, selon qui la grande force de ce modèle viendra de ce que les applications écrites avec Chrome OS en ligne de mire pourront également fonctionner avec tous les autres systèmes du marché, dans la mesure où elles seront accessibles au travers du navigateur.

Compatible aussi bien avec les processeurs x86 (ordinateurs ) qu’avec l’architecture ARM (smartphones), Google Chrome OS est présenté comme un projet distinct d’Android, le système d’exploitation mobile de la firme. « Bien qu’il y ait certaines zones sur lesquelles Google Chrome OS et Android se chevauchent, nous pensons que la possibilité de choisir motivera l’innovation, pour le bénéfice de tous, y compris de Google », explique la firme.

Alors que les premiers netbooks ont fait leur entrée sur le marché équipés de distributions Linux, l’industrie est progressivement repassée à Windows. XP tout d’abord, puis bientôt 7, puisqu’une version du futur système d’exploitation de Windows sera tout spécialement réservée aux netbooks. Le secteur pourrait toutefois faire machine arrière, surtout s’il se voit offrir la possibilité d’intégrer un système d’exploitation gratuit, léger, et porté par une marque forte comme celle du numéro un mondial de la recherche en ligne, dont le navigateur est déjà utilisé par trente millions d’internautes dans le monde.

Le fait que ce système d’exploitation soit dévoilé cette semaine, plus d’un an avant la date prévue pour sa sortie, n’est peut-être pas un hasard : Microsoft tient à partir du 13 juillet prochain sa Worldwide Partners Conference, lors de laquelle les responsables de la firme devraient procéder à d’importantes annonces relatives à Windows 7 (mise à disposition de la RTM) ainsi qu’à la stratégie de l’éditeur en matière de services hébergés et accessibles au travers du navigateur. « Dans la mesure où nous sommes déjà en discussion avec nos partenaires à propos de ce sujet, et travaillerons bientôt avec la communauté open source, nous voulions partager notre vision des choses dès maintenant de façon à ce que tout le monde sache ce que nous essayons de réaliser », se contente d’affirmer Google.



WPC 09: Steve Ballmer noie Google Chrome OS dans les bayous
Edition du 17/07/2009 - par Olivier Rafal

Steve Ballmer aurait déçu tout le monde s'il avait clos la WPC (conférence pour les partenaires de Microsoft qui se tenait cette semaine à La Nouvelle Orléans) sans adresser un petit mot doux à son nouvel archennemi, Google. Le tonitruant patron de Microsoft s'est gaussé des prétentions de Google, qui annonce un système d'exploitation un an et demi avant sa sortie, expliquant que pour lui, cela s'apparentait à du vaporware (comme on le faisait remarquer il y a quelques jours).

Disant au public, tout acquis à sa cause, qu’il serait « respectueux », Steve Ballmer a comparé Google Chrome OS à… « une chose très intéressante ». D’abord parce que pour lui, la moitié encore des usages d’un PC concerne des activités déconnectées d’Internet. Avec son Chrome OS, au contraire, Google place le navigateur Web au centre. Ensuite, le CEO de Microsoft a fait valoir que Google avait déjà sorti un OS, Android, et qu’il ne voyait pas la raison d’en faire un autre.

Bill Gates ne voit pas la nouveauté dans Chrome OS

Il est vrai qu’avec Android, destiné uniquement à des téléphones et à des mini-ordinateurs, Google ne menaçait guère Microsoft sur le terrain des OS. Chrome OS, en revanche, vise explicitement le marché des netbooks et des PC, où Microsoft dispose de plus de 90% de parts de marché.

Parallèlement, dans une interview accordée à CNet, Bill Gates a lui aussi raillé la stratégie de Google, arguant d’une part qu’il y avait déjà pléthore de systèmes basés sur Linux, et d’autre part que la notion de navigateur aujourd’hui - et donc de système centré sur le navigateur - est extrêmement galvaudée et donc très floue. « Dans une grande mesure, il s’agit davantage d’un abus de terminologie que d’un réel changement. »