JFL 2010 : Internet, révolution culturelle

Le dernier numéro de « Manière de voir » consacré à « Internet, révolution culturelle » nous propose une trentaine d’articles dans lesquels des thèmes de débat peuvent être trouvés et proposés à nos partenaires des Journées Finistériennes du Libre 2010 :slight_smile:

A voir aussi à http://www.jfl2010.fr/monde_diplo/

[b]I. Le grand bouleversement[/b] En modifiant en profondeur les habitudes culturelles, Internet déstabilise tout l’édifice social. Le raz-de-marée ne fait guère dans le détail. Pour une part, il révèle les manquements de ceux qui s’étaient endormis dans le confort de leur position : une presse qui n’a plus grand-chose à voir avec le mythe glorieux du « contre-pouvoir » ; une industrie du disque dévoyée par le marketing, qui a cru pouvoir reporter indéfiniment la remise en question qu’impliquait l’apparition du numérique.

Alors que les innovations permises par l’irruption des réseaux restent tâtonnantes et peu organisées, les anciens équilibres sont balayés. Aujourd’hui, la panique gagne la chaîne du livre, confrontée au développement des librairies géantes en ligne, à la numérisation sauvage du patrimoine littéraire entreprise par Google, ou encore au perfectionnement technique du « livre électronique ». Son écosystème déjà fragilisé, encore protégé en France par la loi sur le prix unique du livre, saura-t-il se reconstituer sur de nouvelles bases ?

Pour les salariés, la connexion permanente et l’exigence de réactivité qu’elle entraîne font voler en éclats la frontière entre vie professionnelle et vie privée. De même, le réseau offre l’occasion d’une mise en concurrence « parfaite » des travailleurs du monde entier : après la délocalisation, la déterritorialisation… Quant aux avantages apportés par Internet, ils restent très inégalement répartis, à la fois au sein d’un même pays et à l’échelle du globe.
* La bibliothèque universelle, de Voltaire à Google Robert Darnton
* Le livre dans le tourbillon numérique Cédric Biagini et Guillaume Carnino
* Une révolution en trompe-l’œil Eric Klinenberg
* Journaliste, ou copiste multimédia ? Marie Bénilde
* Télétravail à prix bradés Pierre Lazuly
* Le Monde diplomatique et Internet
* Des salariés esclaves de l’urgence - Martine Bulard
* Qui contrôle les concepts ? Armand Mattelart
* La propriété intellectuelle, c’est le vol ! Joost Smiers
* Nouvelle responsabilité des savants - Pierre Lévy

II. L’invention d’une culture
Dématérialisation et mise en réseau ouvrent des perspectives dont on ne fait encore que commencer l’exploration. L’apport le plus évident d’Internet est sans doute la libération de la parole, la possibilité pour toute personne connectée d’exercer de façon significative son droit à la liberté d’expression.

Le réseau provoque aussi un essor sans précédent du travail coopératif, destiné à produire aussi bien des logiciels libres qu’une mise en forme du savoir, comme l’encyclopédie Wikipédia. La fluidité du numérique permet aux sons, aux textes, aux images fixes ou animées de circuler avec une facilité inédite, offrant des possibilités quasi irrésistibles de diffusion, mais aussi de reprise et de réinterprétation. L’indigence des réponses apportées à cette nouvelle donne conduit les « pirates » à s’opposer frontalement tant aux pouvoirs publics qu’aux industriels de la culture.

Enfin, le succès des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter oblige à repenser la protection de la vie privée afin de prendre en compte le dévoilement intentionnel, par leurs utilisateurs, d’informations les concernant. Et l’importance acquise par la technologie invite à en diffuser plus largement la maîtrise ; une attitude dont les hackers représentent l’avant-garde. Reste cependant à inclure dans cette démarche un public qu’excluent les images d’Epinal autour de l’informatique : les femmes !
* Naissance des « médias de masse individuels » - Manuel Castells
* En 2005, Internet refait l’Europe M. Ch.
* Wikipédia ou la fin de l’expertise ? Mathieu O’Neil
* Facebook is watching you - Miyase Christensen
* Si c’est écrit… Ph. R.
* Les « bidouilleurs » de la société de l’information Jean-Marc Manach
* L’informatique a-t-elle un sexe ? Isabelle Collet
* Pourquoi les ventes de disques baissent-elles ? - Laurent Chemla
* Les pirates suédois à l’assaut du Parlement - Ph. R.
* Le temps des biens communs Philippe Aigrain

III. Un rêve d’industriels
Subjugué par une technologie et des outils encore inimaginables il y a quinze ans, on en oublierait vite d’interroger les évidences. « Dématérialisation » ? Même si on l’emploie par commodité langagière, le mot est pour le moins inadéquat : loin de résider dans quelque éther mystérieux, les données des internautes sont stockées dans d’innombrables « fermes de serveurs », plutôt gourmandes en énergie. Et sur quelle logique repose le fonctionnement du tentaculaire Google, que sa capacité d’innovation a longtemps mis à l’abri de la critique ?

Derrière les terminaux de plus en plus élégants, petits et légers, ordinateurs ou téléphones portables, que chacun intègre à son environnement intime et personnalise à sa guise, il y a des géants dont l’empire se fait et se défait au gré des modes, des alliances et des rivalités industrielles, de l’évolution des goûts et des pratiques. Ils ont traversé la crise financière sans le moindre accroc.

Frustrés de se voir relégués au rang d’opérateurs techniques permettant à d’autres de réaliser de juteux bénéfices, les marchands de « tuyaux » tentent de diversifier leurs activités en investissant dans les contenus, comme Orange, ou de trouver de nouveaux débouchés en se ruant sur le marché africain. Tandis que la publicité, seule source de rentabilité avérée sur le Web — à condition de lui donner une forme adaptée —, suscite des assauts de créativité et aiguise tous les appétits.

* A l’ère de l’« informatique en nuages » Hervé Le Crosnier
* Mouvements tectoniques sur la Toile H. Le C.
* Le monde selon Google - P. La.
* Portrait de France Télécom en multinationale M. Bé.
* Gagnants et perdants de la ruée vers l’Afrique - Jean-Christophe Servant
* Amazon, Apple, Google, géants de l’après-crise - Dan Schiller
* Internet, une industrie lourde H. Le C.</blockquote>

Qu’en pensez-vous ? :slight_smile:

La société hiérarchisée verticalement tend à devenir plus horizontale, et bien sûr devrait être moins hiérarchisée.
Mais ce n’est pas exact. Il reste la hiérarchie du savoir informatique.

Ce qui est pitoyable, ce sont les raidissements des anciens distributeurs de musique, et bientôt de livres, qui n’ont pas compris ce nouveau média, et qui n’ont pas trouvé un nouveau modèle économique.
L’achat de musiques sur Internet reste étonnamment cher, eu égard au prix de l’objet, le cédérom, qui inclut un boîtier, des images, un texte… et le cédérom lui-même.
La distribution informatique d’une copie coûte t-elle si cher ? Car une copie numérique elle-même, d’une chanson comme d’un programme Windows, est en soi sans valeur. Seul le premier exemplaire coûte.

RENÉ passant à la bibliothèque Ergué-Armel j’ais constaté que parmi les prospectus à la disposition du public il n’y a pas celui des JFL 2010 comment y remédier

RENÉ passant à la bibliothèque Ergué-Armel j'ais constaté que parmi les prospectus à la disposition du public il n'y a pas celui des JFL 2010 comment y remédier
Il devrait y en avoir bientôt distribué par la mairie de Quimper