LOPPSI, art. 4

Intervention du député JJ Urvoas lors du débat sur la “Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure“, le jeudi 11 février 2010 sur l’art. 4.
Cet article vise à protéger les internautes contre les images de pornographie enfantine. Si l’ambition est noble, comme beaucoup de spécialistes ont tenté de le démontrer, le mécanisme créé par cet article sera à l’évidence inefficace. C’est ce que j’ai cherché à illustrer dans mon propos.
[video]http://www.dailymotion.com/video/xcbqj9_loppsi-art-4-sites-pédopornographiq_news[/video]

Lionel Tardy 2.0 ! Il a l’air sympa, notré député. Je ne savais pas qu’il parlait.

Loppsi 2 est passée à l’A.N., et l’article 4 aussi. Le texte complet est là, pour les insomniaques : http://www.assemblee-nationale.fr/13/projets/pl1697.asp

Une « sécurité » ( « protèger les internautes contre les images de pornographie enfantine » ) qui va déboucher sur une infrastructure de filtrage … ( Ça fait quelques années que je pratique internet, et je n’ai jamais eu besoin qu’on me protège de la pornographie enfantine, j’imagine que ceux qui s’y intéressent savaient où chercher avant internet et trouveront bien d’autres moyens après loppsi. La protection du citoyen a bon dos dans cette histoire. )

« Conformément à l’engagement de la ministre de l’intérieur, le présent projet d’article met à la charge des fournisseurs d’accès à Internet l’obligation d’empêcher l’accès des utilisateurs aux contenus illicites. La liste des sites dont il convient d’interdire l’accès leur sera communiquée sous la forme d’un arrêté du ministre de l’intérieur. En pratique, l’OCLCTIC transmettra au FAI les données utiles par voie dématérialisée. Les FAI auront le libre choix des technologies de blocage selon leurs infrastructures. »

L’article 23 mérite aussi qu’on en parle, en gros il légalise les troyens & keyloggers pour lutter contre « la criminalité la plus grave » (à définir ?)

« Aucun article ne permet actuellement la captation de données informatiques à l’insu de la personne visée (…) Le projet donne aux enquêteurs la possibilité de capter en temps réel les données informatiques telles qu’elles s’affichent à l’écran d’un ordinateur ou telles qu’elles sont introduites lors d’une saisie de caractères. (…) Le recours à cette technique est encadré (…) Lorsque l’installation du dispositif technique nécessite que les officiers de police judiciaire pénètrent dans le lieu privé où se trouve l’ordinateur, un juge des libertés et de la détention sera saisi lorsque la mise en place du dispositif se fera en dehors des heures légales (6 heures – 21 heures). »

Qui va développer les keyloggers de la Police ? Ou, vont ils devoir ouvrir un marché public / lancer un appel d’offre ?

Qui va développer les keyloggers de la Police ?
Je peux les contacter pour leur proposer une conférence :lol:
Je peux les contacter pour leur proposer une conférence :lol:
N'oublie pas de te faire payer :D la prestation sur le budget de l'État :( (s'il y a de l'argent, "les caisses seraient vides").